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1,2,3,mes petits koalas...

Extrait 4:

Le vol a été long, long comme de rester 21 heures cloué sur un espace vital particulièrement réduit, appelé « siège », alors qu’intérieurement on bouillait et que pour nous calmer, il nous aurait plutôt fallu courir un marathon... Dur !

Lorsqu’enfin, le commandant de bord a annoncé que les côtes de Tahiti étaient en vue.

Vissés au hublot, nous les avons vues se rapprocher, nous avons enfin pu découvrir cette île mythique, verte et volcanique mais pourtant très différente déjà, de ce que nous imaginions.

 

Dès la sortie de l’avion, nous sommes « rentrés » dans Tahiti, dans son atmosphère, comme dans un autre monde. Il était 6 heures du matin, l’air était déjà chaud mais surtout très humide, lourd. Cette moiteur inconnue nous sautait au visage, nous enveloppait, nous écrasait. A elle, se mêlaient aussi des effluves de tiare et de kérosène, qui nous collaient aussitôt à la peau.

Ce n’était pas désagréable, juste étrange, nouveau.                                                                                                                                                                                                                        

Nous avons suivi le flot des passagers, bientôt accueillis par un groupe de danseurs et de chanteurs polynésiens. Chaque nouvelle sensation se surajoutait aux autres, imprimant à jamais dans notre mémoire, cette atmosphère toute particulière.

Pendant que nous attendions le passage en douane, nous pouvions voir sur le côté, une large baie vitrée, contre laquelle é-taient collés des dizaines de visages joyeux et souriants. C’était des Tahitiens, vêtus de pareo ou de chemise à fleurs, coiffés de chapeau blanc tressé ou d’une simple fleur à l’oreille.

Pas de doute, nous étions bien Ailleurs.

Nous avions déjà beaucoup voyagé tous les deux. L’Ailleurs ne nous étonnait pas forcément, au cours de ces voyages. C’était agréable, sans plus.

Mais là, c’était autre chose.

C’était en premier lieu, la rencontre entre un mythe et la réalité, Notre réalité, qui plus est. Mais surtout, nous n’allions pas passer en villégiature à travers cet Ailleurs, comme nous le faisions jusqu’alors.

Cet Ailleurs allait devenir une partie de nous, de notre vie, de notre histoire.

La douane passée, nous nous sommes retrouvés dans « la fausse aux lions ». Les Tahitiens se jetaient sur leur famille, en parlant fort, criant fort, riant fort... Lorsque soudain, un groupe s’est approché de nous.

Il y avait Mirca, que nous avons eu le soulagement de reconnaître immédiatement, son mari, Teura et sa fille, Elise et un couple, dont le fils allait nous héberger. Nous nous sommes retrouvés aussitôt enlacés d’autant de colliers de fleurs, très odorants mais très encombrants aussi, d’autant que nous ne savions pas si nous pouvions ou non les retirer, sans faire d’impair culturel...

Voilà, nous « Y » étions, nous étions « au bout du monde », nous étions à Tahiti, nous allions ouvrir une nouvelle page de notre histoire, avancer sur un nouveau chemin.

Ce n’était plus un rêve.

Pourtant à ce moment là, j’avoue ne pas avoir pensé à notre « petit bout », qui ne s’était jamais trouvé aussi près de nous. Ça  

en est presque honteux, incompréhensible. C’est vrai.

Mais nous étions fatigués, par tout le stress qui avait précédé, par le voyage aussi, mais surtout, nous étions brutalement assaillis par une multitude d’émotions et de sensations, que nous avions peine à assimiler, tant elles étaient intenses.

Il nous fallait d’abord « atterrir » et « poser pied » dans notre aventure, afin de nous sentir prêts, à faire la connaissance d’un « petit d’homme », notre fils.

Pour l’heure, Dieu merci, nous allions totalement être pris en charge. Nous n’avions pas à penser, juste à suivre, nous laisser aller, nous laisser porter et nous imprégner de Tahiti.

J’ignore si c’est le fait d’avoir pu, dès le début, nous « abandonner » ainsi aux évènements en toute quiétude, et ce, malgré les enjeux importants qui se jouaient, toujours est-il, qu’a posteriori, je réalise que nous n’avons jamais vraiment « atterri ».

Nous sommes restés en lévitation, dans un état d’euphorie providentiel, proche du nirvana...

Et finalement, cette euphorie ne nous a pas empêchés, de vivre pleinement les instants magiques qui allaient jalonner notre sé-jour. Au contraire, cet état les a sublimés, bien involontairement, en occultant tout ce qui aurait pu gâcher la rencontre avec notre fils. Cet état nous a permis de minimiser, au-delà du raisonnable, un stress violent, les problèmes médicaux de Bastien et les soucis de tous ordres.

 

A propos de l'auteure

Profil

  • : Sabine Laîné
  • sabinelaine
  • : Femme
  • : 11/11/1962
  • : écriture roman école livre tahiti
  • : Auteure prise au dépourvu, j'écris principalement sur des thèmes qui me sont chers. L'adoption fa'a'amu, le destin d'une femme ordinaire, celui d'un enfant dyslexique et de sa mère.

Mes ouvrages

Chez L'Harmattan, 2005.
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"1,2,3, mes petits koalas..." 

Je ne le regrette pas, je ne le regrette plus.
Pourtant, nous avons été bannis de la société, de notre société, si injustement.
Les mots suffisent à peine à traduire notre souffrance, notre combat contre la différence, l'indifférence...
Nous ne pouvions pas avoir d'enfants. Et alors!
Notre douleur laissait les autres insensibles, au mieux impuissants. Ils ne nous comprenaient pas. Le pouvaient-ils?
Mais je ne le regrette pas, je ne le regrette plus. Nous avons tant gagné en retour.
A la maison, nous sommes cinq. Papa, maman et trois petits koalas. Nos enfants du bout du monde. Nos enfants.
En allant vers eux, nous avons tant appris de nous, des autres, du meilleur des autres.
En allant vers eux, nous avons été adoptés par leur famille. Nous sommes devenus les leurs, nous sommes devenus les parents fa'a'amu de leurs enfants. C'est désormais notre place dans cette société si différente, la société polynésienne.
Car
l'adoption fa'a'amu n'est pas une adoption ordinaire. C'est une adoption sans abandon, c'est un don sans rupture d'amour...
Alors non, je ne regrette rien.

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Chez Publibook, 2006.

 "Le complexe du papillon"


Anna a tout réussi dans la vie, pourtant elle n'a jamais été heureuse.
Détruite pendant l'enfance, elle n'a cessé de se reconstruire, persuadée de s'être perdue en chemin.
Mais ce jour là, elle comprend...
Un flash, un instant et elle revoit sa vie...
C'est toute sa réalité qui se métamorphose enfin.

Le mythe de la chrysalide appliqué au destin d'une enfant étouffée, que rien ne prédestinait à devenir une belle jeune femme, une journaliste de talent, un papillon éblouissant.

Servie par une plume subtile et terriblement introspective, une chronique sociale écrite à demi-mots, qui nous plonge directement dans le coeur et l'âme d'une enfant, d'une jeune fille, d'une femme en plein désarroi.
Entre confession, mal-être et renaissance, un destin finalement ordinaire mais d'autant plus fort, d'autant plus touchant.


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